Ma prise de conscience et mon cheminement vers une alimentation locale, bio et de saison

reservebocaux

La Solange d’avant

Avoir une alimentation locale, bio et de saison n’était pas vraiment ma priorité avant ma transition zéro déchet. Je faisais mes courses au supermarché comme tout le monde, sans me poser de question. Je prenais ce que je trouvais sur les étals, sans pour autant acheter des fraises en février. Je mettais dans mon panier pas mal de préparations dites transformées et ultra-transformées.

Je n’achetais que peu de produits bio. Ils étaient souvent trop chers pour mon budget. Je prenais souvent des emballages multiples en promotion, parce que « c’était moins cher ». Je choisissais également de la viande et du poisson premiers prix, par souci d’économie. Je n’étais pas attentive à la provenance de ce que je mettais dans mon panier. Seul le prix comptait réellement.

Je me rappelle à quel point je trouvais, déjà à ce moment-là, absurde les quantités d’emballage de à ôter avant de ranger mes courses. Et ce n’était jamais fini, après consommation, il y avait toujours des emballages qui remplissaient la poubelle : barquette de viande, emballages de fromage, beurre, pots de yaourt…

J’ai toujours aimé cuisiner. Pourtant, j’utilisais très régulièrement des produits qui auraient été simples à faire soi-même : gnocchis en sachet, purée de pomme de terre lyophilisée, nuggets et bâtonnets de poissons panés surgelés, falafels et autres produits végétariens… Il m’arrivait même d’acheter de la salade en sachet déjà coupée et lavée, des carottes déjà râpées, des betteraves cuites et coupées en cube emballées sous-vide… Tout ça pour gagner du temps en cuisine pendant mes études. 

Dès que j’ai entamé ma transition zéro déchet, j’ai eu à cœur de cuisiner un maximum de chose moi-même et de faire davantage attention à la provenance de mes aliments. C’est là que j’ai commencé à m’intéresser à l’alimentation bio, locale et de saison.

La Solange d’après

Après ma prise de conscience, au début de ma transition zéro déchet, j’étais effarée de voir des rayons avec des aliments venant du bout du monde, alors que des producteurs de chez nous cultivent les mêmes, ici. Tout cela pour une course à la rentabilité et une guerre des prix sans merci qui ne valorisent le travail ni des agriculteurs, ni des producteurs de nos régions.

Ceci m’a poussé à délaisser les supermarchés pour me tourner vers le commerce de proximité. J’ai commencé à me rendre au marché – chose que, habituellement, je réservais aux vacances – et chez des commerçants de bouche, comme le fromager ou la boucher. Parallèlement à ça, j’ai aussi découvert les courses en vrac.

Tous ces commerces étaient éloignés les uns des autres. Il fallait multiplier les trajets en voiture. N’ayant pas le permis à l’époque, je devais attendre le week-end pour faire cette tournée de courses hebdomadaires avec mon ami. Cela nous prenait tout notre samedi, ou presque, et ne le passionnait pas réellement. Au fil des mois, cette organisation est devenue pesante et j’ai cherché à mettre en place une autre routine d’achat.

J’ai pris conscience en achetant un maximum de produits bruts à transformer moi-même qu’une alimentation locale, bio et de saison avait un prix. J’ai donc décidé de modifier la part du budget mensuel dédié à la nourriture en l’augmentant quelque peu. J’ai également pu constater différentes choses au fil des mois :

Je connais la composition de ce que je consomme

Cela peut paraître bête, mais avant de faire plus attention à ma consommation, je ne prêtais aucune attention à ce genre de chose. J’évitais seulement les allergènes auxquels je suis sensible.

C’est en commençant à passer à la loupe les étiquettes que je me suis rendue compte du nombre incalculable de graisses, de sucres, d’additifs, d’émulsifiants et autres joyeusetés que j’ingurgitais. J’ai donc fait la chasse aux produits non naturellement présents dans les aliments et j’ai vite opté pour le fait maison.

Parallèlement à cela, j’ai mené une guerre personnelle contre l’huile de palme et j’ai appris à mes dépendants que même dans les produits bio, il y a de l’huile de palme « durable » (si l’huile de palme était réellement durable, ça se saurait…).

Tous ces éléments mis bout à bout m’ont poussé progressivement à faire de plus en plus de choses maison. J’ai commencé par faire des choses simples. Pour les choses plus compliquées, j’ai fait confiance aux artisans proches de chez moi. Pour les préparations que je ne trouvais pas, je cherchais le « moins pire » parmi les références du supermarché. Je gardais toujours l’œil pour trouver des alternatives ailleurs. Pour me passer du supermarché, je me suis lancée dans des expériences culinaires, pas toujours avec succès – la pâte feuilletée, ma bête noire… – mais grâce à de super commerçants, j’ai pu, au fil du temps, réduire ma dépendance au strict minimum au supermarché.

J’économise en faisant moi-même

Cuisiner un maximum de choses maison demande certes un peu de temps et d’organisation. En revanche, j’ai vite observé que cela ne coûte finalement pas plus cher. En cuisinant, j’achète des produits bruts. Il n’y a donc pas le coût de transformation ajouté dans le prix, puisque je transforme moi-même les aliments.

Grâce à cette économie, je peux acheter des produits de meilleure qualité, en direct du producteur. Je me permets même d’acheter la grande majorité de mes denrées en agriculture biologique, sans que cela ne me revienne plus cher, puisque j’achète la juste quantité.

J’ai aussi constaté que, même en augmentant mon budget mensuel consacré aux courses alimentaires, Je ne dépense pas forcément plus.

Je sais à qui je donne mon argent

En me documentant, j’ai appris à quel point les supermarchés sont intransigeant sur les prix d’achat des marchandises, toujours à la baisse. Ils cherchent une marge maximale au détriment des prix payés aux producteurs. Ces derniers sont toujours plus dépendants du volume à produire pour réussir à se dégager une rentrée d’argent suffisante pour vivre.

Ces pratiques, associées aux cris de protestation des agriculteurs et producteurs locaux (la crise du lait en Suisse, par exemple), m’ont poussée à consommer le plus possible en direct du producteur. Ce choix me permet, d’une part, d’acheter des produits de qualité en circuit court et, d’autre part, de participer à une juste rémunération des producteurs.

Je gère mieux les quantités et limite le gaspillage alimentaire

En achetant, en direct du producteur, de la nourriture locale, bio et de saison et en achetant en vrac et au poids chez les commerçants, je consomme seulement ce dont j’ai réellement besoin. Fini les emballages surdimensionnés aux quantités bien trop grandes pour mon foyer.

Ainsi, je gère mieux mes stocks et limite le gaspillage alimentaire. J’ai appris à gérer les quantités et à cuisiner mes restes. En préparant moi-même, je cuisine souvent en double pour congeler des repas d’avance pour les jours de flemme.

Comment j’organise mes achats

Je commande mes courses de frais, en direct du producteur, une fois par semaine sur TerreLocale.ch. Je me fais livrer une fois par mois mes courses en vrac par Deli’Vrac.ch. Trois à quatre fois par année, je commande quelques produits spéciaux sur Fabulous.ch, boutique vegan suisse. Je vais ponctuellement acheter ce qui me manque au marché, au magasin vrac, en épicerie spécialisée et en dernier recours au supermarché. Je m’organise en procédant de la façon suivante :

Je prépare une liste des menus de la semaine en fonction des envies, des fruits et légumes de saison et du contenu de mes placards et réserves.

Je liste les ingrédients à acheter, en les classant par catégorie et par lieu d’achat. J’effectue mes achats en fonction de ma liste et je m’y tiens scrupuleusement. Je vérifie régulièrement mon stock de vrac. Je note à mesure quand je termine quelque chose, afin d’en reprendre lors de ma prochaine commande. Je surveille les dates limite de consommation et range mes aliments périssables de manière à ce que les dates les plus courtes soient consommées en premier.

En procédant ainsi, je ne manque jamais de rien. Je limite au maximum le gaspillage alimentaire. Je fais tourner mes stocks. Je fais aussi des économies, puisque je n’achète que ce que je vais consommer. Je gagne aussi du temps dans ma semaine, puisque je sais à l’avance ce qu’on va manger. Je fais aussi régulièrement du batchcooking pour moins cuisiner pendant les semaines chargées.

Et toi, quels choix à tu fais pour rendre ton alimentation plus durable ? 

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